Bonjour à tous,
Quelques nouvelles de chez nous où la saison des pluies tarde à finir. Il pleut sans cesse et en tongs, nous pataugeons dans la boue. Comme d’habitude, nous avons attendu trop longtemps pour vous
écrire. Par vos mails, vous êtes plusieurs à nous demander quelques nouvelles.
D’abord, nous vous annonçons ce que nous attendions depuis plusieurs mois : Clarisse et Bertrand arrivent le 2 octobre pour nous remplacer.
Depuis plusieurs semaines, nous rangeons donc tout ce que nous trouvons. Nous classons les papiers, nos ordinateurs, les dossiers… nous leur laissons des messages partout pour leur faciliter
le travail. Ils ne doivent pas passer trop de temps à prendre leur marque. Ils arrivent donc dans 2 semaines. Nous resterons 3 semaines avec eux pour la passation. Ensuite, nous allons 2 mois à
Yaoundé pour travailler pour et avec les volontaires du progrès (volontaires envoyés par l’Etat français). Nous devons faire avec eux une étude sur les bénévoles français au Cameroun. Pour
l’instant ce n’est pas très clair, nous ne pouvons donc pas vous en dire plus. Nous rentrons donc en France pour Noël.
Ces derniers mois ont encore été très riches. Nous avons eu pendant 2 mois, 2 groupes de jeunes de l’association Hilap, l’asso humanitaire de l’école d’ingénieurs ESTP, celle que Max avait faite.
Ils sont venus construire une maison. Ils ont travaillé « fatigués ». Etre ouvrier n’a jamais été facile mais ici il y a la chaleur en plus, les mout-mout et surtout l’absence d’outils. Nous leur
avons épargné de « frapper » les parpaings. Mais il a fallu transporter des brouettes de sable, de graviers, porter des parpaings, tourner le béton,…2 mois de travail physique comme ils en avaient
jamais fait et comme ils n’en feront plus jamais. Ils en ont bavé mais le résultat est là : le dernier jour, le deuxième groupe a pu fêter son départ sur la véranda de la nouvelle maison. Pendant
ces 2 mois, ils ont pu élever les murs, fabriquer et monter la charpente et poser les tôles. Evidemment, les gens ont été impressionnés de voir ces « blancs » suer comme eux et pour eux. Les filles
ont eu droit à toute leur admiration. La colline a été bien animée avec ces jeunes en plus. Cassus a fait des records de chiffre d’affaire. Nous avons eu de nombreuses soirées bien arrosés et où
nous avons bien ri. Nous sommes sortis quelques fois diner et danser à Pouma, nous avons saisi l’occasion pour manger des plats locaux qui n’ont pas toujours fait l’unanimité,…pendant 2 mois tous
les occasions étaient bonnes pour fêter la coopération franco-camerounaise. Le 14 juillet la marseillaise a retenti jusque tard dans la nuit. L’équipe d’entretien s’est vu revalorisée par ces
jeunes qui travaillent avec eux, qui leur ont appris mais qui ont surtout accepté d’apprendre d’eux. La vraie compétence était locale et presque aucun d’entre eux n’a prétendu le contraire.
Pendant 10 jours, nous avons eu la chance de recevoir 6 jeunes scouts (les JEM) qui sont venues repeindre la pédiatrie. Leurs dessins ont transformé la pédiatrie à leur image : des dessins portant
la joie et la vie avec 6 styles différents. Elles ont aussi passés 2 après-midi à Pouma dans la paroisse du centre. Son église est encore en construction et ils ne sont pas habitués comme chez nous
à recevoir de l’aide. La paroisse les a donc accueillies à bras ouverts et beaucoup d’enfants ont répondu à leur invitation. Si des scouts cherchent un projet pour l’année prochaine, cette paroisse
sera heureuse et fière de vous accueillir pour faire de l’animation l’après-midi avec les enfants et construire l’Eglise le matin.
Au château, nous nous sommes transformés en accueil de colonies de vacances. Avec les 2 groupes d’Hilap qui se sont relayés et les JEM, nous avons été pendant 2 mois au moins 10 et pendant 2
semaines 16. Nous nous étions préparés mais nous n’attendions pas à autant de travail. Heureusement dans le second groupe, nous avions Thomas, un cuisinier hors paire qui nous mijotaient des bons
petits plats à la bière tous les soirs. La vie en groupe n’est pas toujours facile. Après des journées de travail épuisantes, personne n’est motivée pour faire la vaisselle mais grâce à certains,
tout s’est bien passé. Les JEM ont égaillé le château par leurs fous rires perpétuels. Pendant 2 mois, nous nous sommes donc transformés en parents d’une très grande famille. Tous ces jeunes ont
aussi rendu la maison le centre d’intérêt des enfants de la colline. Ils ont appris à jouer au Uno, au jungle speed, à faire des scoubidous, etc…comme les enfants s’ennuient pendant les congés, ils
sont arrivés au bon moment. Maintenant, les enfants ont gardé cette habitude et pendant que je vous écris, des petits jouent au ping pong à la maison, dimanche dernier, ils étaient venus gratter la
guitare.
Pour l’hôpital, ce fut une vague de travaux considérable. Non seulement il y a eu la maison et la pédiatrie mais ils ont eu le temps de faire des petits travaux en plus comme réhabiliter des
chambres. En France, Hilap avait démarché l’entreprise Razel pour financer une partie de la maison. Un représentant de Razel Cameroun est donc venu visiter l’hôpital. En un coup de fil, il a donné
la consigne de livrer le sable et le gravier nécessaires pour la construction de la maison. Nos livraisons habituelles demandent à Max une longue négociation au téléphone. Nous sommes ensuite
livrés par des camions qui ne passeraient aucun contrôle technique, dont on peut connaître l’heure de départ mais jamais celle de l’arrivée. A la place, nous avons vu arriver 4 semi remorques
flambant neuf. Une vraie révolution sur la colline.
Après ce don, les jeunes d’Hilap devaient faire un plan précis de l’hôpital pour que nous mettions en place des caniveaux. Ils ont fait ce plan sans les outils de mesure de l’école et ont surtout
commencé à creuser les caniveaux sans machine. Nous avions beaucoup de mal à les intéresser à ce projet en plus de celui de la maison. Par miracle, Razel a décidé de leur simplifier la tâche en
nous offrant le financement d’une route en béton au sein de l’HCP. Un cadeau tombé du ciel, un rêve pour Max mais un travail d’une grande ampleur. Le but du jeu était de le faire avec les jeunes
d’Hilap et nous avons reçus ce don 2 semaines avant leur départ. 2 semaines de travail jusqu’à la nuit où les filles ferraillaient et les garçons portaient les brouettes et aidaient les maçons à
tourner le béton. Une folie qui change le visage de l’hôpital. Nous marchons enfin au sec mais surtout nous pouvons enfin faire circuler des fauteuils roulants. Peu à peu, l’hôpital sort de sa
brousse…
Au mois d’août, nous avons fait une petite pause en France. Nous avions le baptême de Baptiste, filleul de Max, né le 11 juillet, fils d’Emma et Nico, volontaires à Douala qui nous accueillent à
chacun de nos passages. Ils sont devenus de très bons amis et ont choisi Max pour parrain et le baptême avait lieu à Bordeaux. Ce court séjour nous a permis de profiter des longues soirées d’été en
famille et avec les amis. Rien à voir avec notre séjour de décembre. L’été, les vacances, la gaieté, le soleil chaud mais pas trop fort, tout le monde est plus détendu, les journées sont longues...
Quand nous passons en France, nous sommes déconnectés donc on ne pense qu’au moment, pas à l’avenir. En revenant si peu de temps, on ne se pose pas trop de questions sur ce qu’on vit au Cameroun,
sur comment vous vivez en France, on profite juste de vous voir. On imagine que ce sera différent à notre retour, nous serons très critique envers vous peut-être pour vous bousculer un peu
d’habitudes qu’on prend ou d’idées qu’on croit sûres et vous vous nous aiderez à atterrir, à se réadapter, à ne pas rejeter mais à accepter pour mieux changer. L’heure est maintenant aux derniers
moments à Pouma.
L’annonce de notre départ a été un choc. En nous voyant revenir de congés en Août, tout le monde était persuadé que nous prolongions notre contrat. Après deux ans, nous sommes fatigués par moment
et moins exigeants. Même si nous pensons gagner du temps et de l’énergie dans certaines démarches, nous n’avons plus la force d’aller bousculer les murs. Il est donc temps de passer le relai. Ce
week-end nous faisons une première fête de départ en comité restreint avec le « club » c'est-à-dire l’équipe d’entretien et Marguerite la caissière. Nous allons déguster des bières françaises. Nous
savons déjà qu’ils nous réservent de beaux cadeaux, de ceux qu’ils font d’habitude pour les jeunes mariés. La semaine prochaine, nous fêterons avec tout le personnel de l’hôpital. Chacun s’attendra
à bien manger et surtout à bien boire. Le vrai enjeu est donc la préparation du buffet qui se juge à la diversité plus qu’à la qualité, au piment, aux cures dent, à l’ordre de passage,…c’est
l’examen final. Nous danserons jusqu’à tard dans la nuit si tout se passe bien. Aujourd’hui, nous avons commencé à ranger nos affaires. Nous décrochons vos photos, vos cartes,…dans quelques mois ce
sont des photos d’ici que nous accrocherons chez nous. L’heure est au discours, aux remerciements réciproques. Nous savons qu’une fois parti, nous aurons bon dos de tout ce qui ne va pas. Mais pour
l’instant, nous acceptons leur mots d’amour, nous leurs rendons évidemment. De leurs discours, nous ne retenons qu’une phrase « pour avoir fait tout ça, c’est que vraiment vous nous aimiez ». Il ne
nous aura pas semblé naturel de relater nos actions ou de nous mettre en avant par nos réalisations. Si nous le faisons dans ce blog, c’est dans le but de témoigner, que tout le monde peut partir à
la rencontre de l’autre, que peut de choses sont infranchissables, qu’avec l’Amour tout est possible.
Nous ne savons pas s’ils lisent notre blog mais nous dédions ce message à Léo, Florent, Thibault, Suzana, Angélique, Amélie, Sabine, Anne-Catherine, Enguerrand, Bruno, Karine, Marion, Thomas, Maud,
Mathilde, Anne Sophie, Clémence, Pauline et Alison qui ont répondu à notre appel et ont ainsi non seulement partagé notre quotidien mais surtout aidé l’hôpital avec humilité et en acceptant de
recevoir. L’année prochaine, nous ne serons pas là pour les accueillir, mais l’hôpital attend déjà la vague 2010.
Bienvenue sur terre à Foucauld, Agathe et Chloé.
Nous vous embrassons.
A bientôt en France.
Max et Julie
Quelques photos sur
http://picasaweb.google.com/maxetjulie/Ete2009